La quête ancestrale visant à transformer les métaux ordinaires en or, autrefois l’apanage des alchimistes, n’est plus une pure fantaisie. La recherche nucléaire moderne a démontré que, dans des conditions appropriées, cela est possible. En utilisant des accélérateurs de particules pour projeter des particules à haute énergie sur certains métaux, les scientifiques peuvent modifier le nombre de protons dans le noyau d’un atome, le transformant ainsi en or. Les premières avancées ont été réalisées dans les années 1940 avec le mercure, suivies par des expériences dans les années 1980 qui ont permis de convertir des atomes de bismuth. Plus récemment, le Grand collisionneur de hadrons a détecté des traces infimes d’or créées lors de collisions quasi-manquées d’ions de plomb. Malgré cette avancée scientifique, le processus est extrêmement coûteux. L’or produit ne représente que quelques fractions de gramme, et son coût de production est bien supérieur à sa valeur. Si ce rêve séculaire est désormais techniquement possible, il reste un triomphe de la physique plutôt qu’un moyen de s’enrichir.